Puigdemont pendu, brûlé et fusillé en Andalousie

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Ellande Duny-Pétré
Ellande Duny-Pétré
Educateur. Engagé dans le mouvement abertzale depuis le Procès de Burgos. Responsable de la chronique Hegoalde dans Enbata.
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L’effigie de l’ex-président catalan a été brûlée, pendue et fusillée sous les applaudissements de la foule, le dimanche de Pâques, dans le petit village de Coripe, au sud de Séville. Traditionnellement, a lieu ce jour-là un simulacre d’exécution d’une figure censée représenter « ce qui est négatif pour la société« , baptisé « la mise à feu du Judas« .

De nombreux hommes, dont des policiers municipaux, se sont acharnés à tirer des dizaines de fois sur un mannequin représentant l’ex-président indépendantiste, figure centrale de la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. A l’occasion d’un défilé, Puigdemont a été exhibé par la foule, drapeau catalan sur les épaules et ruban jaune sur la poitrine (la marque de soutien aux prisonniers politiques catalans), avant d’être pendu à un mur.

Le maire de la cité, membre du PSOE, a évoqué pour se défendre « une satire, une parodie sur un homme qui a fui la justice ». Bien que l’information ait fait fureur sur les réseaux sociaux ibériques, les réactions de protestation contre cette macabre mise en scène ont été relativement faibles dans la péninsule ibérique.

Voici quelques extraits de la réaction de Carles Puigdemont, toujours exilé en Belgique : « Aujourd’hui, dans une ville d’Espagne, dirigée par le PSOE, ils ont décidé de tirer et de brûler un mannequin représentant ma personne et doté d’un ruban jaune très visible. Ils ne voulaient pas seulement me fusiller et me brûler; ils voulaient se moquer de la lutte pour la liberté des prisonniers et des exilés.(…) « Ce n’est pas une anecdote, ni l’acte d’une minorité. C’est une activité officielle, soutenue par les autorités socialistes locales. De vraies munitions ont été utilisées, avec la participation de la police locale. (…) J’ai généralement tendance à respecter l’ironie et le sarcasme qui règnent en Espagne, car ils font partie de la liberté d’expression». Mais il s’agit ici «d’un message de haine, avec la volonté de générer de la haine. Un acte impliquant des enfants mineurs, qui ont perçu comme une chose normale cette orgie de violence déchaînée sur un personnage qui me représente. C’est un acte indigne. (…) Mon engagement est l’indépendance, la démocratie, la liberté. Aucun de ces engagements ne mérite d’être fusillé ou brûlé, du moins dans une société civilisée».

Ah, si ce mannequin avait représenté une personnalité juive, que n’aurait-on pas entendu dans l’Europe entière ?

 

 

2 Commentaires

  1. Jakes LAFITTE
    Publié le 29/04/2019 à 22:46 | Permalien

    Je suis entierement d’accord avec la reaction de M Puigdemont. Les auteurs de cette mascarade font preuve d’un niveau mental tres bas et d’un niveau intelectuel tres faible. Le maire du village aurait ete membre de PP Cs ou VOX cela m’aurait moins etonne, mais lorsque j’ai su qu’il etait socialiste, j’ai ete outre. Je suis d’autant plus inquiet de constater que les leadere socialistes qui agissent en Euskadi, Galice et Catalogne n’aient pas reagi contre cet acte d’inciation a la haine. Le comite central du PSE devrait prendre de severes sanctions contre le maire de Coripe au moins un blame et au plus l’exclusion du parti.

  2. Kepa
    Publié le 30/04/2019 à 01:23 | Permalien

    Sans aller convoquer des juifs, je serais curieux de la réaction si dans un village du Pays Basque on faisait subir le même sort à un mannequin de Rajoy.