Ellande Duny-Pétré

Ellande Duny-Pétré

Educateur. Engagé dans le mouvement abertzale depuis le Procès de Burgos. Responsable de la chronique Hegoalde dans Enbata.

Yeux rivés sur le 21 décembre

Gagner les élections régionales du 21 décembre imposées par le gouvernement espagnol, tel est l’objectif des partis catalans. Carles Puigdemont et quatre de ses ministres exilés à Bruxelles sont à la manœuvre. D’autres font le choix de se soumettre à un odieux chantage pour sortir de prison et mener campagne. Sur les 10 dirigeants incarcérés, quatre d’entre eux dont le vice-président du gouvernement, demeurent en prison.

Les sondages n’annoncent pas de grands changements dans la carte politique du pays. Tout se jouera à la marge. (...)


Déclaration d’indépendance, destitution, exil, prison, dissolution et élections

En l’espace d’une semaine, tout est allé «en urgence absolue». Une heure après la déclaration d’indépendance par le parlement catalan, Madrid destitue le gouvernement et dissout son assemblée. Le président Carles Puigdemont et quatre de ses ministres choisissent l’exil 48h plus tard. Puis vient l’incarcération des autres ministres catalans par l’audiencia nacional.

De nouvelles élections régionales auront lieu le 21 décembre. (...)


Jeu du chat et de la souris

L’entre deux se poursuit en Catalogne avec un duel entre le chef du gouvernement catalan et son homologue espagnol. Dans ce jeu politique de haut vol et qui va durer, le plus chat des deux n’est pas forcément celui qu’on pense. Le flou entretenu par le leader catalan maintient béante la crise et ouvre les possibilités d’une solution négociée.

La mise en œuvre de l’article 155 de la Constitution permettrait à Madrid de diriger directement en révoquant d’ici une semaine tous ses dirigeants indépendantistes. (...)


Carles Puigdemont résiste pour ouvrir la négociation

Il n’a pas vraiment déclaré l’indépendance de son pays et laisse la question ouverte.

Le gouvernement espagnol est furieux devant un tel machiavélisme. Il le somme de retirer son projet avant le 16 octobre. (...)


Après le référendum

Le bras de fer se poursuit entre les deux protagonistes, malgré les appels à la médiation.

Mardi 10 octobre, Carles Puigdemont ouvre un débat devant le parlement catalan. Une déclaration unilatérale d’indépendance est dans l’air. (...)


Comment les indépendantistes en sont arrivés là

Le référendum du 1er octobre ne tombe pas du ciel. Il est le fruit d’une longue mutation politique qui affecte l’abertzalisme catalan tout entier.

Il y a quinze ans, les abertzale catalans étaient réputés pour leur sens du dialogue et leur modération. Eux au moins étaient fréquentables. A l’inverse des Basques, violents et jusqu’au boutistes. Jordi Pujol vice-roi d’Espagne contre Arzallus le cynique, de mèche avec ETA. Aujourd’hui, les rôles sont inversés. L’évolution catalane est le résultat d’une série d’expériences, de démarches et d’événements qui ont totalement changé les sensibilités et le panorama politique du pays comme celui de l’Espagne. (...)


La réplique du peuple catalan et de ses institutions

Malgré les obstacles, les Catalans ont voté le 1er octobre en faveur de l’autodétermination. Les conditions de ce scrutin n’avaient rien d’idéal, bien que remarquablement préparé de longue date.

Demain, la crise politique va rebondir, plus rien ne sera jamais comme avant. Ni pour les Catalans, ni pour les autres nations européennes sans Etat. (...)


Le compte à rebours démarre

Le président de la Catalogne l’a décidé, un deuxième référendum d’autodétermination aura lieu le 1er octobre.

Entre préparatifs discrets et secrets, entre condamnations, menaces et intimidations, le bras de fer se durcit. Il prend la forme d’un gigantesque jeu du chat et de la souris entre Barcelone et Madrid. (...)


La cour européenne condamne l’Espagne

L’ex-président du parlement autonome basque Juan Mari Atutxa et deux députés avaient été condamnés par la justice espagnole. Ils avaient refusé en 2003 de dissoudre le groupe parlementaire indépendantiste Sozialista Abertzaleak, émanant de Batasuna interdit par l’Espagne. La Cour européenne des droits de l'homme a désavoué la justice espagnole.

L'Espagne a pris goût à ce genre de pratique pour stériliser un certain nombre de cadres, indépendantistes ou pas, calmer et effrayer leurs successeurs possibles, affaiblir, ralentir des mouvements qui remettent en cause la souveraineté espagnole. (...)