Nouvelle élue ELB à la Chambre d’agriculture de Pau, Maryse Cachenaut livre pour Enbata le sens de son engagement

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Enbata: Les élections à la chambre d’agriculture départementale sont passées. Votre liste ELB/confédération paysanne a obtenu 4 sièges. Quelle sera la ligne de conduite de votre syndicat?
Maryse Cachenaut: ELB a changé de stratégie à l’occasion de ces élections. En 2001 ELB avait été majoritaire sur le territoire Pays basque (comptages cantonaux); cependant, nous n’étions du fait du mode de scrutin, que deux élus ELB à la chambre départementale. Cependant, fort de ce résultat au Pays Basque nous étions allés à Pau (Michel Ber-hocoirigoin et moi-même) demander sa prise en compte et proposer à la chambre départementale de se prononcer sur la question d’une Chambre d’agriculture au Pays Basque, notre campagne ayant porté fortement cette revendication. Refus catégorique de la cham-bre paloise d’aborder la question! Nous avions donc quitté Pau sur le champ pour 12 ans, et créé notre propre structure associative en 2005 (Euskal Herriko Laborantza Ganbara à Ainhice Mongelose) pour accompagner le développement de l’agriculture paysanne au Pays Basque, tout en continuant de porter la revendication d’un outil institutionnel. Aujourd’hui nous estimons que cette revendication est traitée dans un cadre plus global, et en parallèle que le travail de Euskal Herriko Laborantza Ganbara sur le terrain est légitime et doit se poursuivre. Mais nous estimons aussi que dans ce contexte et par respect vis-à-vis de nos électeurs nous pouvons aussi faire entendre notre voix à Pau avec nos collègues béarnais de la Confédération paysanne avec qui nous partageons les mêmes valeurs. Bien sur nous ne nous faisons aucune illusion quant à la prise en compte de nos positions à Pau car la fdsea aura de toute façon les pleins pouvoirs et ne les partagera pas. ELB fera connaître les semaines qui viennent sa ligne de conduite de façon précise, et son niveau de participation.

Enb.: Pensez-vous que le fait majoritaire ELB en Pays Basque puisse entraîner la création d’une Chambre d’agriculture basque? Cette institution est-elle toujours votre objectif?
M. C.: Euskal Herriko Laborantza Ganbara porte cette revendication clairement et ELB aussi sur le plan syndical; d’ailleurs on peut dire que le travail d’EHLG préfigure du travail que pourrait faire une chambre institutionnelle en Pays Basque. Je dirais même qu’elle met encore plus en évidence sa nécessité! Car le champ d’action et les moyens d’un outil institutionnel sont autrement plus importants (les chambres bénéficient d’une partie des impôts fonciers, les budgets sont bien plus importants…). Nous avons confiance et pensons que nous y parviendrons, mais nous n’attendons pas que les choses arrivent sans rien faire. C’est pour cela que nous avons crée EHLG parce qu’il y avait nécessité de défendre l’agriculture paysanne dès maintenant, les filières de qualité… Nous avons été soutenus dans ce sens par beaucoup de personnes, d’élus, notre travail est apprécié par les institutions territoriales, nous avons crée Lurrama vitrine de l’agriculture paysanne… C’est notre façon d’être sur le terrain de l’action, de construire, de prendre notre avenir en main tout en montrant la nécessité d’une reconnaissance institutionnelle…

Enb.: L’agriculture paysanne que vous prônez sort-elle renforcée de cette élection à la Chambre d’agriculture?
M. C.: On peut clairement dire oui! En effet l’adéquation entre le discours que l’on porte et ce que l’on fait sur le terrain, les positions syndicales que l’on défend dans différents lieux, sont cohérents (contrairement à la fdsea dont le décalage entre le discours complètement démagogique et les actes est immense). ELB soutient l’agriculture paysanne, c’est dire une agriculture avec des fermes à taille humaine, qui rémunère le paysan, respecte le consommateur et la nature. ELB défend une juste ré-partition des aides et des droits à produire, et la transparence dans l’acte de production, de transformation…
C’est dans cet esprit qu’avec d’autres structures de développement comme Arrapitz, le syndicat du piment d’Espelette… nous avons défendu la nécessité d’un approvisionnement local exclusif à l’occasion du débat sur la marque territoriale Pays Basque par exemple. L’exemple du scandale récent autour de la viande de cheval dans les lasagnes de Findus, nous montre d’une certaine façon que nous avons raison. Imaginons un seul instant que la marque territoriale Pays Basque accepte en son sein des entreprises qui utiliseraient de la matière première d’origine extérieure… qu’un scandale identique la frappe… on peut penser que l’image de la marque en souffrirait… ELB défend les initiatives qui conduisent à une relocalisation de l’économie, qui maintiennent l’emploi localement et plus particulièrement l’emploi paysan réparti sur le territoire garant d’une production de biens alimentaires de qualité, de paysages entretenus!

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