Jean-Marc Abadie

Jean-Marc Abadie

Les parents de Jean-Marc Abadie, en provenance de la Bigorre, débarquent, avec leurs quatre premiers enfants, au Pays basque au tout début des années soixante. Ayant grandi à Bayonne, c'est par le chant basque qu'il décide de devenir basque et commence à apprendre la langue des autochtones. Militant culturel et politique, il pense que l'écriture est une vraie arme littéraire. Co-fondateur de l'hebdomadaire Ekaitza au milieu des années 80, puis du trimestriel bayonnais Kutzu de 1992 à 2006, il rédige une chronique mensuelle sur Enbata depuis janvier 2012.

Tourisme en fête !

Selon le président du comité départemental du tourisme 64 ou plutôt de l’Agence d’attractivité et de Développement Touristiques Béarn Pays Basque (AaDTBP) : “Il n’y a pas de saturation touristique en Pays Basque”.

Hé bé, qu’est ce que ça sera quand il y en aura une. (...)


Pays Basque : ça se corse !

L’angélisme et l’incantation n’y suffisent plus. Pas plus que l’entre soi. Si nous voulons peser sur la vie publique et créer une société euskaldun, même au sein du BAB, cela passe forcément par des ponts tissés tous azimuts auprès de celles et de ceux, nouveaux ou anciens arrivants, avec qui nous partageons des valeurs communes.

Celles de la solidarité avec les publics fragiles, du combat environnemental, de la lutte contre les injustices et pour une meilleure répartition des richesses. Et, cela, en restant ce que nous sommes. (...)


The Voice(s)

Chut ! Ne le dites à personne, il nous arrive de regarder TF1 en famille. Enfin uniquement “The Voice”. Bon c'est TF1, certes avec ses pubs -moins nombreuses en replay- mais c'est con à dire : on se laisse prendre au jeu. Comme on adore le chant, que l'émission est bien construite et que les quatre “coachs” ne sont pas des beaufs en puissance (1), on n'a pas raté une émission depuis 12 semaines ! Surtout que cela reste entre nous ! Qué vergüenza !(2)

Parce que la honte -pour la France en tous cas- c'est aussi en terme de “voix”, le score du FN du premier tour, déjà élevé avec 7.678.491 soutiens (21,30%), progresse encore démesurément et dangereusement en atteignant, au second tour, les 10 millions 644 mille et 118 voix (33,90% des suffrages exprimés). (...)


Oui mais après ?

Au moment où ces lignes sont écrites, nous sommes à la veille du premier tour de ces élections présidentielles qui dénaturent la conception que nous pouvons avoir sur la représentation politique, la démocratie, un régime parlementaire ou une démarche collective…

Ce noble art qu'est la politique se trouve ici dévoyé par une représentation individuelle, un sauveur suprême, un personnage omnipotent qui participe à une course à l'échalote : plus présidentiable que moi tu meurs ! (...)


Mesclagne (1)

Celles et ceux parmi les autochtones qui célébraient, ce dimanche 12 mars, leur anniversaire ne pouvaient pas trouver mieux, pour leur gâcher la fête, que de se caler devant le petit écran sur France 5 en regardant consterné(e)s un reportage intitulé «La basque attitude».

Et cela commence très mal. (...)


Il est venu le revenu

S'il fallait extraire un élément intéressant de cet abîme de faits insipides déployés par l'ensemble des médias durant cette campagne des présidentielles, ce serait, sans nulle contestation, le maintenant fameux thème du revenu universel, dont Benoît Hamon a fait l'axe majeur lors de la bataille des primaires du PS et de ses alliés. Déjà, ce dispositif est expérimenté au Canada, en Inde, Namibie, Allemagne et implanté au Brésil, Alaska, Iran et Macao sous des formes diverses.

Le débat s'instaure autour de l'idée d'un minimum d'existence pour faire face aux impondérables, ou à des vies professionnelles de plus en plus éclectiques, notamment vis-à-vis d'un système économique complexe et inégalitaire où le chômage est une valeur sûre. Cette question interroge la place du travail dans nos sociétés notamment du fait de sa raréfaction depuis la fin des trente glorieuses. (...)


Un vote primaire

Ce n’est pas parce qu’il y a élections qu’il y a démocratie, pleine et entière. Toute la vie politique est centrée sur cette élection présidentielle, organisée maintenant tous les 5 ans.

Penser, encore en 2017, qu’il existe un homme providentiel, détenteur de tous les savoirs, qui serait capable à lui tout seul de résoudre les maux d’une société complexe, à qui l’on confère des pouvoirs bien trop conséquents, est peut-être le signe qu’on a besoin d’un mentor, d’un guide, de quelqu’un qu’on puisse vénérer. Cela doit être inscrit dans notre ADN. Penser que le suffrage universel est la panacée.


Tentative de décryptage

On n’aura pas fini de gloser sur cette opération politico-policière du vendredi 16 décembre 2016 à Luhuso. Trois militants abertzale connus aujourd’hui pour leur opposition à ETA et accompagnés d’une journaliste de Médiabask et d’un cameraman indépendant se font surprendre par la police française et espagnole avec une partie de l’armement d’ETA.

L’intention est de filmer sa “neutralisation” autour d’une communication à posteriori. L’objectif à terme étant, semble-t-il, de pousser les deux Etats concernés à négocier la restitution de l’ensemble du matériel d’ETA.


Comment Donald a Mickey tout le monde

Ouah ! Ces américains, toujours aussi forts ! On croyait qu'ils avaient atteint le summum en élisant en 1981 —et à deux reprises !— un acteur de seconde zone, le très droitier Ronald Reagan. Hé bé, ils ont trouvé mieux en changeant la première lettre du prénom et en catapultant un canard très laqué à la Maison blanche, la bien nommée !

Il faut dire qu'on a parfois du mal à les suivre, nos “doubles libérateurs du XXe siècle”.