Archives de l’auteur : Jean-Louis Davant


Ennemis de l’Europe

Le récent scandale des Paradise Papers nous rappelle la permanence de paradis fiscaux au sein même de l’Union Européenne : le colibrique Luxembourg champion toutes catégories, la République d’Irlande que l’on croyait plus idéaliste, les vertueux Pays Bas pris la main dans le sac…

En fait il ne s’agit là que de la fine pointe d’un iceberg : l’Union Européenne est avant tout un vaste marché, tel fut d’ailleurs son premier nom, le Marché Commun. Avec le triomphe du néo-libéralisme, il est devenu la foire d’empoigne que nous voyons actuellement. Où est le projet idéaliste des pères fondateurs, Robert Schuman et consorts ? (...)


Lurra sumendi

Klimaren berotzea bi ozkatara mugatu behar genuke kalte latzenen ekiditeko. Xede horrekin 2015ean Estatuek Parisko COP 21 bilkuran gomendio batzuk adostu zituzten. Bi urte joan dira eta bitartean gauzak okertu, gobernuek behar zutena ez dutelako egin.

Berehala eta zorrozki lanari lotu behar lukete, bestela tenperatura hiruzpalau ozkaz gora daiteke, jendetzaren biziraupena kenka larrian ezarriz.(...)


Indépendances illégales

Dans l’affaire catalane, comment rester fier de sa citoyenneté française et européenne devant le comportement de nos dirigeants ? Les Français, jacobins indécrottables, soutiennent à fond le gouvernement espagnol qui, par son incompétence, a laissé pourrir la situation. L’Union européenne se comporte à peine un peu mieux en conseillant aux deux parties la voie du dialogue, mais en refusant de s’y impliquer de façon constructive.

L’une et l’autre considèrent que c’est une affaire intérieure de l’Espagne, mais en fait elles pèsent de tout leur poids en faveur du royaume en exigeant de la Catalogne une entière soumission à la constitution espagnole, qui est effectivement une affaire intérieure espagnole. (...)


Frankismoa beti hor

Naski, Espainiako nazio menperatuen arazoa ez da frankismoarekin hasia, askoz ere zaharragoa da, baina frankismoa deitzen dugun indar metaketa horrek zinez gogortu zuen, eta delako mugimendu politikoa ez zen Francorekin batean itzali, beti hor dago boterean. 1936ko uztailean

Kebek, Eskozia, Katalunia…Kanada demokrazian bizi da, Britainia Handia halaber, Espainia ez oraino…(...)


Contre la verticalité

A chaque pas, l’on se heurte à la verticalité du pouvoir politique dominant et du système économique en vigueur. Le caractère olympien du pouvoir central tend à se renforcer de façon inquiétante à travers le monde, y compris dans des Etats en principe démocratiques : Russie, Turquie, Vénézuéla, Pologne, Hongrie, Espagne… Pour être moins brutale, cette tendance existe aussi dans la République Française, personnifiée par la figure du monarque républicain élu au suffrage universel direct, avec mandat impératif de faire des miracles dès les cent premiers jours de son règne.

Le Pays Basque fourmille d’initiatives, il est bien engagé dans la voie des solutions alternatives. Volonté, imagination, créativité, autogestion, solidarité au dedans et au dehors, voilà me semble-t-il des qualités porteuses d’avenir face aux verticalités dinausoriennes. (...)


Revenir aux fondamentaux

Comment se désintoxiquer de ces interminables présidentielles qui conditionnent toute la vie politique de France et de Navarre, remplissent l'écrasante majorité de l'espace public et prennent tant de têtes, y compris chez les abertzale ? L'irruption inattendue de Macron au sommet de l'Etat français semble faire découvrir à beaucoup de citoyens deux volets majeurs de notre situation géopolitique : d'une part le caractère libéral de l'économie mondiale, de l'autre le côté fortement monarchique quoique électif de la Ve République, et l'on dirait que le nouveau Président vient d'inventer ce nouveau système qui nous est pourtant familier depuis plusieurs décennies.

Il est temps de passer à d'autres registres, et en ce qui nous concerne de revenir à nos fondamentaux : notre esprit basque autogestionnaire, avec l'ambition de développer notre territoire et notre culture, sans pour autant ignorer nos collègues, cousins, voisins ou lointains qui vivent aussi des problèmes semblables aux nôtres. (...)


Subiraniaz bi hitz

Orokorki, Estatuaren subirania normalean absolutu bat ote da, bere lurraldean inolako bazterrik gabea?

Horretaz bi gogoeta egin gura ditut hemen, ahal bezain praktiko eta pragmatikoak, gai horretaz gehitu daitezkeen ausnarketa teoriko eta filosofikoak ni baino ausartago batzuei utziz. (...)


Europako ezkerrak ezinean

Nahi ala ez, globalizazioa hor dugu bere bi ondorio nagusiekin. Batetik mundu osoko biztanleekin konkurrentzian ezartzen gaitu, bestetik jende guzien solidario egin behar gintuzke.

Planeta bakarra dugu, eta horretan bizi behar denek, bizipideak banatuz. Berriki arte iduri zuen bazterrik gabekoak zirela lurreko ekeiak, erregaiak eta mota guzietako ondasunak. Orain badakigu zein mugatuak diren. Beste kontinenteek Europak eta Ipar Amerikak bezainbat xurgatuz, hiruzpalau planeta behar genituzke. Beraz argi dago : gizadiak iraun dezan, parte aberatsenek gutiago hartu behar genuke. (...)


Etrange dédoublement

J'ai découvert en statue du Commandeur la figure paradoxale du Français moyen qui me laisse perplexe. Imbu de principes universalistes, il est souvent un hyper-nationaliste qui s’ignore. Son raisonnement baigne dans l’universel. Il est le prototype de l’homo universalis, le cartésien et l’adepte des Lumières, l’inventeur des Droits de l’homme et du citoyen, le précurseur en tout, donc le modèle à suivre. Quand il nous dit de façon pathétique : “Mais enfin, soyez comme tout le monde”, cela signifie concrètement et naïvement “soyez comme moi”.

Dans les années 1950 une chercheuse américaine vient étudier la sociologie du village de Sainte Engrâce : elle commence par y apprendre la langue usuelle et profonde des habitants, encore très peu francisés. A la même époque un chercheur français arrive à Larrau avec le même projet : sans savoir un mot de cette même langue, il fait tranquillement une étude approfondie de la population locale. Tout est là. (...)